Du rêve au cauchemar…

Ayant fait ma ponction le 27 février, et m’étant fait réimplanter mes deux petits embryons tout jolis, tout mignons le 1er mars; je pensais bêtement que la prise de sang 12 jours plus tard devrait donc se faire le 12 mars. Tu vois, un peu comme quand on compte les J1 etc pour les règles. Bha non…Figure-toi que pour les centres PMA, là subitement ça veut dire  +12 jours donc finalement prise de sang le 13 mars…Logique quoi….

Donc bha, on avait décidé ma soeur Gargamel et moi la semaine prochaine que j’irais faire ma prise de sang au labo du centre à 100 km de chez moi. On allait passer ces longues heures d’attente ensemble. Gargamel était bien plus stressée que moi. Elle avait juré de ne pas fumer et finalement à peine sortie du labo après ma prise de sang qu’elle s’est précipitée dans un bureau de tabac.  Après un petit resto, on va se poser dans un parc et on appelle le labo.

C’est positif. Je suis enceinte. Mais taux à 19, donc on ne crie pas victoire. On va tout de même chercher un cadeau au futur papa et Gargamel craque devant un costume de Noel. Je rentre et Chéri me gâche un peu ma surprise mais on est heureux malgré tout. Je suis enceinte, je peux tomber enceinte. Je ne peux pourtant pas m’empêcher de stresser…

Le lendemain vers 10h, le cauchemar commence. Je saignote. J’appelle donc mon centre PMA et tombe sur Cruella, la secrétaire qui est peu encourageante. Malgré tout, je veux continuer à y croire. Mais je continuer à saigner et on passe une nuit affreuse avec Chéri.  Je pleure dans les bras d’une amie qui est passée à l’improviste et la soirée continue…En saignant.Dans ma tête je fais mes adieux aux bébés, Chéri passe la majeure partie de la nuit à me prendre dans ses bras sans me lâcher. On ne dit pas un mot.

Vendredi, je saigne toujours et je fonds en larme devant la biologiste au labo. Je suis effrayée, stressée. Si bien qu’elle doit changer de bras et qu’elle peine à trouver une veine. Je rentre, me repose et attends fébrilement. Le résultat tombe à 15h: taux à 30. Ca monte lentement mais ça monte… Je rappelle donc le centre et ma gentille secrétaire me dit de refaire une PDS lundi, que mes saignements c’est peut-être un des embryons qui s’est décroché.

J’y crois, je veux y croire. De toutes mes forces, de tout mon coeur, de toute mon âme.

Depuis deux jours j’ai tout imaginé. La GEU, la GNE, la FC précoce. J’ai écumé le net à la recherche de plein de mots-clés. Je flippe encore plus, je suis rassurée, puis je reflippe.

Je décide tout de même de rester confiante et on passe un week -end tranquille à pas faire grand chose. Je suis épuisée, je tiens pas debout très longtemps. On parle au(x) bébé(s), on leur fait des câlins. Mais on ne se projette pas vraiment. Seulement, comment va t’on faire début mai pour le festival où l’on est bénévoles. Chéri devant tout gérer en binôme avec un ami, il sera peu disponible et il faudra me trouver un poste où je ne me fatigue pas.

Ce matin, je vais bien. Je me sens sereine. Je ne saigne plus vraiment depuis samedi après-midi, j’ai des nausées, je ne supporte plus quelques odeurs. C’est forcé, le taux va monter et tout ça ne sera qu’un vilain souvenir. Le miracle a agi pour d’autres, pourquoi pas moi? Après tout, après cinq ans d’attente, j’ai bien le droit d’être heureuse non?

La fébrilité commence à se faire sentir vers 14h50 et je trépigne à l’idée d’appeler. J’attends un quart d’heure et j’appelle. Mais, le biologiste est occupé et la secrétaire ne peut pas me donner mon taux. Il me rappelera dans une demie-heure. Commence alors l’angoisse…

Et là…on m’annonce que c’est négatif. Je commence donc à hausser le ton. Non, ce n’est pas négatif. J’ai fait une fausse couche! Il y a trois jours j’étais enceinte. Et là, il vérifie et oui… Connard va!

Viens donc le sentiment anesthésique. Je dois appeler mon centre pour la suite. Cinq appels…Deux appels avec les deux téléphones fixes où ils ne m’entendent pas. Je commence à piquer une crise toute seule dans mon salon. Mais je ne pleure pas encore. Je prends donc mon portable et réussit à avoir la secrétaire.

Mon gynéco est absent jusqu’à lundi prochain, et je refuse que la remplaçante se penche sur mon dossier. Vu ce qu’elle a fait la dernière fois… La sacrétaire, très gentille, me laisse pleurer et on convient que dès lundi, elle en parle à Gygy. Il va me prescrire du Duphaston pour réguler mes cycles et voir s’il change quelque chose à mon protocole. Et on verra pour un rendez-vous pour faire le bilan de cette première FIV.

Après cinq ans de combat, oui j’ai réussi à tomber enceinte. Mais j’ai fait une fausse-couche…Qui me garantit que ça remarchera? Que j’aurais un enfant? Rien, ni personne.

Je ne sais plus où j’en suis…Je ne sais pas si j’aurai la force de continuer longtemps comme ça. Je suis épuisée moralement. Je n’ai même pas envie d’aller chez nos amis ce soir. Je n’ai envie de rien. J’ai perdu mes bébés, nos bébés…

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