15 jours après…

J’ai encore du mal à réaliser qu’il y a quinze jours j’apprenais que je venais de faire une fausse-couche. Ca me parait si près et si lointain à la fois. C’est pas comme si je ne vivais pas comme un zombie depuis, vous me direz. Parce que oui, c’est ce que j’ai l’impression.

Les premiers jours ont été tout simplement affreux…J’ai pleuré, pleuré, pleuré. J’ai du l’annoncer à quelques personnes qui étaient au courant de notre FIV et voulaient savoir, j’ai du l’annoncer à des copines vers qui j’ai cherché des conseils quand j’ai su que j’étais enceinte et que ça ne se passait pas très bien. J’ai écouté presque en boucle Impossible de James Arthur et je pleurais encore et encore. Il y a même un matin où dans mon bain je me suis interrogée sur la dernière fois où je m’étais douchée. Encore à l’heure actuelle, je n’en ai aucune idée. Ma soeur les premiers jours m’a laissé pleurer et ne m’a pas appelé. Je lui en ai voulu le premier jour. Terriblement et puis j’ai compris qu’elle était impuissante et qu’elle me laissait de l’espace. Tout comme Chéri…

Le brouillard s’est un peu dissipé. La tristesse a laissé la place à d’autres sentiments. La rage, la colère, la culpabilité. Pourtant les mots d’une amie, qui venait d’accoucher le jour où j’ai su que j’étais enceinte m’ont fait du bien. Elle comprenait ma tristesse, elle m’a dit que j’avais le droit de hair les femmes enceintes, les mamans, les bébés et le monde entier. Je ne remercierais jamais assez ma Jenny pour ces mots et j’en ai encore la gorge serrée. Mais là encore, peu de choses me consolaient. Une de mes meilleures amies me laissait parler quand j’en ressentais le besoin et elle me changeait les idées la plupart du temps, me parlant de tout et de rien. Et j’ai remercié le ciel d’avoir une amie comme ça, qui n’a jamais dit qu’elle comprenait. Elle était là, solide comme un roc pour moi. D’autres me laissent de petits mots, pensent à moi et j’ai des petits messages tous les jours. Ca réconforte un peu…c’est déjà ça.

L’une des choses les plus dures est de prétendre devant nos parents que ça va, qu’il n’y a rien de neuf. Alors que j’ai envie de crier que j’ai perdu mes bébés…Mais ils ne savent rien de notre parcours et je ne me sens pas prête à leur dire. J’ai fondu en larmes un soir dans les bras de Chéri. Il n’a rien dit, m’a juste serré dans ses bras, m’a laissé parler et pleurer. Il était là…Je sais qu’il souffre aussi et qu’il n’en parle pas. Mais je ne lui en veux pas, je sais qu’il est comme ça. J’ai aimé qu’il approuve hier soir quand je lui ai dit qu’on oubliera jamais nos bébés. C’était important pour moi. Ce n’était peut-être encore que de tout petits embryons mais c’était nos bébés. Ils sont là dans mon coeur, à jamais. Et bientôt deux petites étoiles viendront orner ma peau sur la clavicule gauche. Ce sera ma façon de les faire exister.

Sinon…je ris, je pleure, je « vis ». Et je culpabilise toujours dans ces moments-là.J’ai l’impression qu’une partie de moi est partie à jamais. Je vais continuer à vivre, rire, manger, et faire tout ce que je faisais avant mais je ne suis plus la même. Cette épreuve m’a marqué à jamais. Elle fait partie de mon histoire. Nous reprenons sans doute le chemin de la FIV en juin mais pour l’instant je ne veux pas y penser. Je pars une semaine sans Chéri à la fin du mois et après nous devons assurer un festival pendant près d’une semaine, donc je pense qu’après ces quinze jours de folie où l’on ne va pratiquement pas se voir, nous allons vouloir souffler avant de reprendre.

En juin, on fêtera nos dix ans et j’espère qu’on aura la chance d’avoir un joli cadeau…

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Du rêve au cauchemar…

Ayant fait ma ponction le 27 février, et m’étant fait réimplanter mes deux petits embryons tout jolis, tout mignons le 1er mars; je pensais bêtement que la prise de sang 12 jours plus tard devrait donc se faire le 12 mars. Tu vois, un peu comme quand on compte les J1 etc pour les règles. Bha non…Figure-toi que pour les centres PMA, là subitement ça veut dire  +12 jours donc finalement prise de sang le 13 mars…Logique quoi….

Donc bha, on avait décidé ma soeur Gargamel et moi la semaine prochaine que j’irais faire ma prise de sang au labo du centre à 100 km de chez moi. On allait passer ces longues heures d’attente ensemble. Gargamel était bien plus stressée que moi. Elle avait juré de ne pas fumer et finalement à peine sortie du labo après ma prise de sang qu’elle s’est précipitée dans un bureau de tabac.  Après un petit resto, on va se poser dans un parc et on appelle le labo.

C’est positif. Je suis enceinte. Mais taux à 19, donc on ne crie pas victoire. On va tout de même chercher un cadeau au futur papa et Gargamel craque devant un costume de Noel. Je rentre et Chéri me gâche un peu ma surprise mais on est heureux malgré tout. Je suis enceinte, je peux tomber enceinte. Je ne peux pourtant pas m’empêcher de stresser…

Le lendemain vers 10h, le cauchemar commence. Je saignote. J’appelle donc mon centre PMA et tombe sur Cruella, la secrétaire qui est peu encourageante. Malgré tout, je veux continuer à y croire. Mais je continuer à saigner et on passe une nuit affreuse avec Chéri.  Je pleure dans les bras d’une amie qui est passée à l’improviste et la soirée continue…En saignant.Dans ma tête je fais mes adieux aux bébés, Chéri passe la majeure partie de la nuit à me prendre dans ses bras sans me lâcher. On ne dit pas un mot.

Vendredi, je saigne toujours et je fonds en larme devant la biologiste au labo. Je suis effrayée, stressée. Si bien qu’elle doit changer de bras et qu’elle peine à trouver une veine. Je rentre, me repose et attends fébrilement. Le résultat tombe à 15h: taux à 30. Ca monte lentement mais ça monte… Je rappelle donc le centre et ma gentille secrétaire me dit de refaire une PDS lundi, que mes saignements c’est peut-être un des embryons qui s’est décroché.

J’y crois, je veux y croire. De toutes mes forces, de tout mon coeur, de toute mon âme.

Depuis deux jours j’ai tout imaginé. La GEU, la GNE, la FC précoce. J’ai écumé le net à la recherche de plein de mots-clés. Je flippe encore plus, je suis rassurée, puis je reflippe.

Je décide tout de même de rester confiante et on passe un week -end tranquille à pas faire grand chose. Je suis épuisée, je tiens pas debout très longtemps. On parle au(x) bébé(s), on leur fait des câlins. Mais on ne se projette pas vraiment. Seulement, comment va t’on faire début mai pour le festival où l’on est bénévoles. Chéri devant tout gérer en binôme avec un ami, il sera peu disponible et il faudra me trouver un poste où je ne me fatigue pas.

Ce matin, je vais bien. Je me sens sereine. Je ne saigne plus vraiment depuis samedi après-midi, j’ai des nausées, je ne supporte plus quelques odeurs. C’est forcé, le taux va monter et tout ça ne sera qu’un vilain souvenir. Le miracle a agi pour d’autres, pourquoi pas moi? Après tout, après cinq ans d’attente, j’ai bien le droit d’être heureuse non?

La fébrilité commence à se faire sentir vers 14h50 et je trépigne à l’idée d’appeler. J’attends un quart d’heure et j’appelle. Mais, le biologiste est occupé et la secrétaire ne peut pas me donner mon taux. Il me rappelera dans une demie-heure. Commence alors l’angoisse…

Et là…on m’annonce que c’est négatif. Je commence donc à hausser le ton. Non, ce n’est pas négatif. J’ai fait une fausse couche! Il y a trois jours j’étais enceinte. Et là, il vérifie et oui… Connard va!

Viens donc le sentiment anesthésique. Je dois appeler mon centre pour la suite. Cinq appels…Deux appels avec les deux téléphones fixes où ils ne m’entendent pas. Je commence à piquer une crise toute seule dans mon salon. Mais je ne pleure pas encore. Je prends donc mon portable et réussit à avoir la secrétaire.

Mon gynéco est absent jusqu’à lundi prochain, et je refuse que la remplaçante se penche sur mon dossier. Vu ce qu’elle a fait la dernière fois… La sacrétaire, très gentille, me laisse pleurer et on convient que dès lundi, elle en parle à Gygy. Il va me prescrire du Duphaston pour réguler mes cycles et voir s’il change quelque chose à mon protocole. Et on verra pour un rendez-vous pour faire le bilan de cette première FIV.

Après cinq ans de combat, oui j’ai réussi à tomber enceinte. Mais j’ai fait une fausse-couche…Qui me garantit que ça remarchera? Que j’aurais un enfant? Rien, ni personne.

Je ne sais plus où j’en suis…Je ne sais pas si j’aurai la force de continuer longtemps comme ça. Je suis épuisée moralement. Je n’ai même pas envie d’aller chez nos amis ce soir. Je n’ai envie de rien. J’ai perdu mes bébés, nos bébés…

Verdict J-2!

Deux jours…. Dans deux jours, on saura enfin si cette première FIV nous apportera ce petit chieur qu’on attend depuis maintenant trop longtemps. J’ai passé la semaine dernière sur des charbons ardents.  Google est devenu mon ami, j’arrêtais pas de … Lire la suite

Tout ça pour ça….

Ouais je sais j’ai déserté le blog. Faute de temps, de force, faute de savoir quoi dire..Je vais essayer de me faire pardonner.

Aujourdhui J5 après mon transfert de deux beaux embryons, je reçois le compte-rendu du labo. Du côté du Chéri, franchement c’est topissime. Il a recommencé à fumer depuis six mois et son recueil n’a jamais été aussi bon, ça me dégoûterait presque. Par contre, moi…

Une grippe

14 beaux follicules au départ

12 follicules de bonne taille à la dernière écho

3 échos

1200 km en une dizaine de jours

7 ovocytes à la ponction

Seulement 4 matures

3 embryons

2 beaux embryons dans mon ventre

5 jours de douleurs post-ponction

1 crise de larmes samedi soir parce que je peux même pas m’asseoir

Et….

0 embryon congelé.

 

Je sais, je sais… Je peux ne pas en avoir besoin mais franchement ça partait super bien pour au final 2 embryons?

J’étais dégoûtée en sortant de la polyclinique jeudi dernier mais si ça a le malheur de pas fonctionner, faut que je recommence tout. Et ça, ça me terrifie…

 

Première séance chez l’ostéoapthe

Je pense depuis pas mal de temps à utiliser une médecine parallèle pour nous aider dans notre projet Bébé et j’ai jamais osé franchir le pas. Je me suis pas mal renseigné sur tout ce qui est utilisé. Et j’avoue qu’entre les trucs qui me font doucement rire (Fleurs de Bach pour survivre à l’attente notamment), et ceux auxquels je ne crois pas comme l’acupuncture, le seul truc qu’il restait c’était l’ostéopathie.

J’ai donc pris des avis de mon entourage sur un ostéopathe en particulier et je me suis lancée en appelant pour savoir ce qu’il pensait pouvoir m’apporter. Et, ce que j’ai aimé c’est qu’il ne m’a pas dit qu’il allait avoir la solution, mais qu’il allait regarder ce qu’il pouvait faire pour moi…

Donc, vendredi dernier j’avais rendez-vous tôt le matin et j’avoue que j’avais un peu les chocottes parce que je savais pas à quelle sauce j’allais être mangée.

Arrive donc mon petit ostéopathe asiatique aux cheveux longs, très gentil. Après une petite attente, il me reçoit dans son cabinet et je commence à lui raconter en gros mon parcours PMA en lui taisant la coelio mais en lui parlant de ma thyroïde merdique. Après ce petit entretien, il me conduit dans une petite salle attenante et je dois me mettre en sous-vêtements pour qu’il puisse faire ses manipulation correctement.

Ni une; ni deux je me désape. Je veux dire, maintenant ça me fait plus rien. Limite j’étais contente de pas avoir encore à écarter les pattes tu vois. Et qu’on vienne pas me parler de pudeur, parce que quand tu entres en PMA ta pudeur tu t’assois dessus ma cocotte.

Donc il commence par mon cou et ma nuque en me disant qu’il va procéder par étapes mais qu’en tout on se verra trois fois pour cette FIV là. Il me décoince certaines petites choses, et on passe aux jambes. Et là il me dit tout de go que j’ai un problème de circulation sanguine. Là, je commence à me dire que je peux avoir confiance. Je ne lui ai pas parlé de ça et il l’a vu…Ensuite on passe au sacrum qui semble dévié. Et il me dit que je me tiens trop cambrée. Bien sûr j’ai évité la remarque cochonne qui a traversé mon esprit…Et viens alors ce que j’appelle le broyage d’ovaires. Franchement j’ai eu juste horriblement mal. Après de petits exercices de pression sur mes genoux, la séance était finie et il me dit donc sur quoi il a travaillé et pourquoi.

Donc, mon petit asiatique adoré a travaillé sur mon hypophyse, ma thyroïde qu’il a effectivement trouvé merdique, mes ovaires, mon utérus.

Après oui, pourquoi je lui fais autant confiance? Tu veux la liste maintenant que j’ai fini par te raconter comment ça s’est passé? Ok…

1.Il a compris que j’avais eu une coelio et que c’était à cause de mon ovaire gauche. La coelio,  il suffisait de regarder les cicatrices ok mais l’ovaire gauche, comment il aurait pu savoir hein?

2.Il m’a dit que mes douleurs au bas des reins venait de mon utérus et de mes ovaires.

Pour lui, si je n’avais rien fait, ça n’aurait jamais pu aller parce que mécaniquement y’a plein de trucs qui n’allaient pas chez moi. Je le revois à la fin du mois, quinze jours après cette première séance et j’ai hâte. Ma parole, j’ai hâte.

J’ai eu pourtant mal aux ovaires toute la journée, un mal de crâne au niveau de l’hypophyse terrible, mais je sais que tout ça c’est pour mon bien. Et je suis persuadée que c’est grâce à ça que la FIV va bien se passer. C’est pas remboursé ok et ça a quand même un coût mais franchement au bout de 5 ans, on est en mode plus rien à perdre avec Chéri…

100% What the fuck?

Je te l’ai dit lecteur, je suis de retour. La semaine n’est pas finie et déjà trois billets, mais que m’arrive-t’il? Il faut dire qu’après plus d’un an sans bloguer, plus d’un an à me renfermer et à mûrir dans ce monde fantastique qu’est la PMA, je me dis que j’ai des choses à dire, des expériences à partager.

Enfin, ce n’est pas le but de ce billet….si tant est que ce billet est un but haha. Bref, ce matin je me suis fixée deux objectifs:

-Aller faire mon prélèvement vaginal: je t’épargne les réflexions délirantes au téléphone avec Gargamel ( ma soeur pour les newbies), mais j’avoue que pour la première fois, je me suis sentie comprise. Le biologiste ignorant encore que c’était mon troisième prélèvement vaginal m’a demandé si ça me dérangeait que ce soit lui, un homme, qui me le fasse. Sérieux!!! Combien de fois on vous a demandé en PMA si ça vous dérangeait vous? Bha moi, absolument jamais! Comme si me faire écarter les cuisses en fermant ma gueule était absolument normal. Bha, je peux vous assurer que j’ai apprécié. Il m’a même expliqué comment ça allait se passer. Bref, je l’aurais presque emballé tellement je le trouvais gentil mais bon…

-Aller déposer à Dieu Sécu mon changement de technique PMA , mon prolongement de 100% stérilité, notre dernier avis de frais pour nous faire rembourser nos frais de transport ( j’y reviendrais un autre jour, en fait quand j’aurai été remboursée pour t’en parler un peu plus, donc dans un mois si ce que m’a dit l’apôtre de Dieu Sécu), et…la demande de prise en charge 100% pour Chéri.

Alors, là j’ai une BIG question pour toi lecteur. Depuis quand on fait un 100% stérilité pour un homme?? Je te raconte pas notre tête de con quand le Dr G. nous a dit qu’il nous en faisait une. Franchement qu’est-ce que ça peut prendre en charge?

Les spermogrammes? Remboursé Sécu+ mutuelle

Les recueil de sperme? Remboursé Sécu+mutuelle

What Else? Nespresso?

Si vous pouviez m’éclairer, ce serait choupi parce que moi je sèche.  On en vient même à se demander avec Chéri si ce n’est pas pour que ce soit Chéri qui fasse les stims, les ponctions, le transfert, et porte le bébé si ça marchait pas avec moi. Oui, on est cons parfois…

Alors, toi qui me lis

5 ans, un bilan?

5 ans…5 ans…Je me le répète depuis un moment et je vous jure que j’y crois pas moi-même. Je savais que je galèrerais pour avoir cet enfant mais honnêtement je pensais pas autant. Je me disais un an ou deux…Et non, cinq ans.

Et je peux vous dire que ces cinq ans ça a été les montagnes russes. On a passé les deux premières années d’essai tranquillement, en attendant patiemment. Et puis est arrivé le diagnostic à poser, et là j’ai commencé à me demander:  » pourquoi moi? ». Je connaissais le diagnostic, c’était pas une surprise et pourtant moi qui suis forte je me suis effondrée. La dépression a été mon amie pendant quelques semaines, j’ai perdu des « amies » mais je suis remontée. Seule, comme d’habitude.

Et je suis allée au charbon, puisant mes forces je ne sais où et y croyant très très fort. J’étais encore toute espérance à cette époque. J’en ai parlé autour de moi et j’avoue que les réactions m’ont douchées. J’en ai versé des larmes à cette époque, j’en ai haï des gens ( mon ancien blog peut en témoigner) et puis on a continué à galérer. D’échec en échec, on est restés soudés. Echec d’IAC, échec de stimulations. J’ai pleuré pour la première fois presque dans les bras de mon gynéco quand j’ai fait mon hyperstimulation. C’était la période de Noel et à cause d’une connerie de la secrétaire, on m’obligeait à faire une pause dans la PMA sans me garantir la date de reprise.Autant vous dire que j’ai très mal vécu la transition de 2012 à 2013…

Avec le recul, je ne sais pas si cette deuxième tentative de l’IAC 3 a été un échec parce qu’on était dans une autre optique. En 2013, finalement on a eu notre premier bébé: notre maison. Je me suis donnée à fond dans les recherches, c’était notre projet et on l’a mené à terme parce qu’on a signé en juin et qu’on a emménagé dans le mois. Entre temps, mon gynéco se sentant impuissant nous a envoyé dans un vrai centre PMA. C’est con mais on s’est senti bien. Le Dr G. sait ce qu’il fait, il nous a écouté, nous a rassuré. On a juste décidé ensemble d’attendre la fin de l’été pour nous laisser le temps d’emménager, de faire des bilans thyroïdiens pour moi, un nouveau spermo pour Chéri (ouais il adore aller se faire plaisir dans une petite salle sans même un magazine porno…mais je le soupçcone de penser à Scarlett Johansson dans ces moments-là), et de nouvelles sérologies.

Et tu sais quoi, lecteur? Envolé l’asthénozoospermie, envolée l’aménorrhée, envolée l’anovulation. Nous demande pas comment…donc on était maintenant un couple avec une infertlité inexpliquée. Ca devrait nous rassurer? bha non, ça nous énerve!! Mais bon…

Entre temps, je t’avoue que j’ai réduit à presque zéro le nombre de personnes au courant de notre parcours. Si tu me suivais avant, tu te demandes où j’en suis avec la BSM (Belle-soeur maléfique), bha c’est simple…J’ai coupé les ponts. Pour de multiples raisons mais pour un seul résultat: je me sens mieux loin des dramas. Bien sûr, avec ça j’ai coupé les ponts avec mon frère forcément et je ne vois pas ma nièce grandir mais au final la décision a été salvateur dans ma vie, mon moral, et mon couple.

D’ailleurs qu’en est-il de mon couple? Je vous avoue que ces derniers mois ça a été très dur. Beaucoup d’annonces de grossesse et on vivait pas sur la même planète niveau réactions. Après ma troisième IAC, j’ai pleuré un bon coup et je suis partie seule le lendemain (comme prévu) en Espagne pour quelques jours. Je suis revenue requinquée, métamorphosée ou en voie on va dire. Et puis on a repris les chemins du centre PMA et on a retenté une quatrième IAC. Ma soeur m’a accompagné à une écho et elle a pu voir le changement opéré quand on a croisé des femmes enceintes. Je ne les regardais plus comme si j’allais les étrangler, je ne les insultais plus, j’étais indifférente.

Je ne dis pas que les grossesses des autres ne me font pas mal, que voir le bonheur des autres affichée en place publique ne me blesse plus mais j’ai pris note des longues discussions avec Chéri qui aurait pu me coûter mon couple il y a quelques mois encore, je n’en fait plus une Affaire d’Etat. Je laisse glisser. Oui, je me suis renfermée, je suis devenue égoiste, égocentrique mais ça me permet enfin de me sentir bien, de vivre sereinement toutes ces épreuves. J’ai l’impression que j’ai recommencé à vivre. Je vis ces périodes d’attente entre chaque tentative pleinement. Je me fais plaisir, je bois un peu ( je te rassure, je suis vite alcoolisée, mais je m’autorise un verre ou deux), je VIS!

Nous voici en 2014 et cette année commence par une FIV ce mois-ci. Dès que j’ai mes règles en fait. En juin, on fêtera nos dix ans, on voulait partir au Sri Lanka mais on a abandonné l’idée, on a fait aucun projet. On ne se projette plus. On aura 34 ans tous les deux cette année, et on espère tout de même que cette année 2014 sera notre année.

Je sais pas si cet article était compréhensible pour vous mais ça vous donne un peu un aperçu de cinq ans d’espoir. J’ai énormément changé avec la PMA, et elle m’a changée…Tu veux savoir le plus dingue? Avant j’étais athée, maintenant je crois en Dieu, le même pour lequel j’ai été baptisée il y a 32 ans mais j’ai choisi de l’honorer différemment et de croire en un autre de ses prophètes.

2014, année mystique?

Welcome on board!!

Certaines me reconnaitront sans doute, et certaines me découvriront grâce à ce nouveau blog. Je mettrais un lien vers l’ancien blog mais je compte quand même vous remettre les anciens articles ici.

Sinon, pour vous la faire courte avant de rentrer dans le vif du sujet, je suis en PMA depuis maintenant deux ans et demi mais on est en essai depuis janvier 2009 soit maintenant 5 ans. Youhouuuuu! Jusque là on s’est tenus à des IAC avec un parcours assez chaotique ( dont je vous ferai un résumé tellement je suis gentille) et comme on est arrivés à aucun résultat, on a l’immense chance d’essayer la FIV. Le rêve de ma vie quoi!! Je vais pouvoir me la péter dans mes futures discussions, tu trouves pas?

Et ça commence maintenant. Enfin non pas maintenant, maintenant mais dès que mes règles arriveront. C’est à dire normalement la semaine prochaine. Bha tu sais quoi? J’ai hâte. Ouais je suis maso, j’ai hâte de m’enfoncer des doses de cheval de Puregon, de me faire anesthésier généralement ( pour insulter Chéri au réveil, faire mon testament aux infirmières, demander à l’anesthésiste de pas me faire mourir…), et de me faire des cheveux blancs parce qu’on attend la prise de sang.

Voilà, voilà…

Sinon pour les nouvelles arrivantes, j’ai 33 ans. Je suis en couplé avec Chéri depuis dix ans, pacsée depuis trois ans, en essai pour ce premier bébé depuis 5 ans. Et j’espère vraiment que 2014 sera notre année. La PMA m’a beaucoup changé, ma vision des choses et de la vie aussi, et j’espère que vous le constaterez par vous-même.

See you soon…